REFLEXIONS SUR LE CONCEPT D’UNE NATUROPATHIE RENOVEE

Par Christophe CANNAUD,
Professeur de Naturopathie,
Directeur des cours au CNRI.
Tous les pays de cette planète ont des médecines traditionnelles qui leur sont propres. Ces sciences ont des origines et un développement qui relèvent du pragmatisme le plus pur. Nous ne pouvons pas prétendre en occident avoir été de brillants précurseurs dans le domaine de la protection sanitaire. Tout au plus connaissons-nous une tradition lointaine dans le domaine de la phytothérapie par un emploi originellement rudimentaire des simples. Nos druides des temps anciens semblent avoir eu de réelles connaissances en la matière.
Nous savons aujourd’hui que sans les apports scientifiques de l’anatomie, de la physiologie et de la pathologie, nous n’aurions guère pu progresser de façon significative. Or, des traditions fort anciennes, et généralement asiatiques, ont révélé très tôt des connaissances bien en avance sur les nôtres. L’anatomie par exemple était déjà connue des chinois à l’époque des Empereurs Taoïstes. Nous n’irons pas prétendre qu’elle était aussi bien maîtrisée qu’aujourd’hui mais elle a permis de mettre au point des méthodes de thérapies physiques comme l’acupuncture ou le shiatsu... Cette approche antique a donné par ailleurs naissance à la théorie des cinq éléments qui a, aujourd’hui encore, de bonnes raisons de troubler nos scientifiques.
Mais les découvertes des différentes ethnies sont longtemps restées enfermées à la fois dans leurs enceintes géographiques et culturelles. Ainsi, chaque peuplade a développé son propre panorama sanitaire et nous avons, au plan mondial, réalisé beaucoup moins de progrès que nous n’aurions pu faire si nous avions travaillé de concert. L’occident s’est tourné vers l’intellectualité au détriment de l’intuition et ce choix lui a permis de déployer une gamme de techniques dans les domaines les plus divers. La santé s’est trouvée incluse dans cette vision de la recherche et la médecine, initialement très rudimentaire, a connu un développement que nous pouvons qualifier de scientifique sans porter de jugement de valeur sur l’efficacité de cette orientation. Pour les scientifiques, dans un esprit de simplification, il fallait tout diviser pour mieux comprendre. C’est un autre grand trait d’opposition avec l’Asie à laquelle, pour bien la connaître, nous ferons souvent référence. L’Orient est animé de l’esprit de synthèse alors que nous divisons et compartimentons tout, comme nous venons de le dire. Il va de soi que les visions, et les idéologies tellement différentes entraînent des résultats non moins différents. A tel point que nous devrions finir par nous demander qui a raison et qui a tort.
Car si à la rigueur on pourrait admettre un travail de synthèse, il est en revanche difficile d’imaginer qu’il y ait des approches différentes pour un même résultat qui serait optimum à terme.
Parlant d’un résultat optimum à terme, nous évoluons dans la théorie la plus pure. Et paradoxalement c’est cette pure théorie qui dénonce le cheminement scientifique qui fondamentalement ne peut pas apporter la connaissance absolue. Nous aurons beau affiner la découpe et obtenir des résultats de plus en plus fins, chaque limite franchie nous montrera la suivante.
Christophe Cannaud, Directeur des cours au CNR International
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